Bae Hyung-jin est un artiste peintre sud-coréen qui a développé, au fil de plusieurs décennies, un univers artistique singulier, nourri par une observation attentive de la nature et de l’être humain. D’abord dessinateur de bandes dessinées, il s’est progressivement tourné vers les beaux-arts. Aujourd’hui, ses paysages, ses natures mortes et ses représentations animales se distinguent par des couleurs éclatantes et une matière picturale dense, traduisant une énergie vitale profondément expressive.
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À l’approche de l’édition 2026 d’Art Shopping Paris, qui se tiendra du 23 au 25 octobre au Carrousel du Louvre, à Paris, son parcours artistique et sa philosophie de création méritent une attention particulière.
Art Shopping Paris est un salon international d’art contemporain qui réunit des artistes, des galeries, des collectionneurs et des amateurs d’art venus de différents horizons. Peinture, sculpture, photographie et autres formes d’expression artistique y trouvent leur place, favorisant les rencontres entre créateurs et public.
L’événement constitue également un espace d’échanges culturels où les artistes peuvent présenter leurs démarches et partager leur vision du monde.
Le parcours de Bae Hyung-jin trouve ses origines dans une réalité quotidienne marquée par le travail et les responsabilités familiales.
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Pendant de nombreuses années, il a exercé le métier de dessinateur de bandes dessinées afin de subvenir aux besoins de sa famille. Cette expérience lui a permis de développer un sens aigu de l’observation, une grande maîtrise du dessin et une capacité à saisir rapidement les mouvements et les expressions.
Lorsqu’il s’est consacré à la peinture, ces compétences sont devenues les fondements de son langage artistique personnel.
Depuis 1989, il participe aux activités de la Suwon Sketching Association, une association d’artistes pratiquant notamment la peinture sur le motif. Il a ainsi parcouru les paysages de Suwon et des environs d’Osan, dans la province de Gyeonggi, réalisant environ 500 peintures de paysages selon les informations communiquées par l’artiste.
Rivières, rochers, montagnes, villages et arbres au fil des saisons constituent des sujets récurrents de ses créations.
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Cependant, Bae Hyung-jin ne cherche pas simplement à reproduire fidèlement ce que ses yeux observent.
Il s’efforce avant tout de traduire les sensations ressenties devant la nature : la lumière, la température, le mouvement de l’air et le passage du temps.
Son travail pictural est particulièrement reconnaissable à l’utilisation de couleurs primaires intenses et d’une matière généreusement appliquée sur la toile.
Cette recherche de texture, appelée matière picturale ou matiérisme, confère à ses œuvres une profondeur visuelle et une présence presque sculpturale.
Les rouges, les jaunes, les verts et les violets se rencontrent, se confrontent et se superposent. Ils produisent ainsi une vibration qui semble insuffler du mouvement aux formes représentées.
L’une de ses œuvres emblématiques représente quatre chats installés sur un fond rouge, entourés de motifs végétaux rappelant les arabesques décoratives traditionnelles.
Leurs yeux jaunes, tournés directement vers le spectateur, créent une relation immédiate entre l’image et celui qui la regarde.
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La composition dépasse la simple représentation animalière. Chaque chat paraît posséder une personnalité propre, exprimée par la posture, le regard et la relation avec l’environnement décoratif.
La rencontre entre l’ornementation inspirée de la tradition et la liberté expressive de la peinture contemporaine constitue l’un des aspects les plus remarquables de cette œuvre.
Dans une autre composition, l’artiste revisite les figures du tigre et de la pie, deux animaux familiers de l’imaginaire pictural coréen.
Les touches rouges, accumulées les unes sur les autres, donnent au pelage du tigre une intensité presque sauvage.
L’objectif n’est pas de rechercher une précision anatomique absolue, mais de révéler la force instinctive et l’énergie primitive de l’animal.
À travers ces figures, Bae Hyung-jin réinterprète des références visuelles traditionnelles à l’aide d’un langage contemporain, personnel et expressif.
Sa manière de peindre se distingue également par une approche particulièrement spontanée.
Lorsqu’un travail exige une grande précision, il utilise sa main droite. Pour exprimer plus librement ses émotions et ses mouvements intérieurs, il peut recourir à sa main gauche.
Il lui arrive de commencer une toile sans dessin préparatoire, en peignant directement un élément central, comme l’œil d’un animal.
À partir de ce point initial, les formes et les couleurs se déploient progressivement jusqu’à occuper l’ensemble de la surface.
Cette méthode donne naissance à des compositions intuitives, dans lesquelles chaque geste conserve une part de spontanéité.
L’artiste privilégie également le fait de ne pas revenir inutilement sur les parties déjà peintes. Il cherche ainsi à préserver l’énergie du geste initial.
Cette démarche évoque certaines recherches de la peinture expressionniste, tout en conservant une identité issue de son expérience personnelle de dessinateur.
Ses natures mortes offrent une autre perspective sur son univers.
Vases en porcelaine blanche, assiettes décorées de fleurs, fruits et tissus colorés deviennent des sujets de recherche sur la lumière, la texture et les contrastes chromatiques.
Dans certaines compositions, des formes inattendues viennent perturber l’ordre apparemment tranquille des objets.
La peinture acquiert alors une dimension narrative discrète, comme si une histoire se développait silencieusement au sein de la scène.
La nature occupe néanmoins une place centrale dans sa démarche artistique.
Au fil des années, Bae Hyung-jin a observé les transformations de son environnement rural.
Il raconte notamment que l’eau souterraine, autrefois gelée pendant les hivers rigoureux, ne gèle plus aussi facilement. Il a également remarqué des changements dans le rythme saisonnier des arbres et de leurs fruits.
Ces observations personnelles l’ont conduit à porter une attention renouvelée aux éléments les plus modestes du paysage.
Pierres, herbes, fleurs et arbres deviennent alors les témoins d’un monde naturel en transformation.
Dans certaines œuvres, les arbres se dissolvent presque dans une accumulation de touches jaunes et lumineuses.
Ailleurs, de longues grappes de fleurs dorées semblent se courber sous leur propre poids, évoquant simultanément l’abondance de la vie et sa fragilité.
Ces compositions invitent à réfléchir au passage du temps, à la transformation des paysages et à la relation entre l’être humain et son environnement.
Pour Bae Hyung-jin, l’acte de peindre demeure profondément lié à l’expérience directe.
Il privilégie l’observation personnelle de la nature et le travail manuel, plutôt que le recours aux outils numériques ou à l’intelligence artificielle pour produire ses images.
Cette fidélité au geste et au regard constitue un élément essentiel de sa philosophie artistique.
Mais son engagement ne se limite pas à la création d’œuvres destinées aux galeries et aux expositions.
Depuis plus de dix ans, il participe, avec des membres de sa famille, à des projets bénévoles de peintures murales.
Ces initiatives lui permettent de mettre ses compétences artistiques au service des communautés locales.
À ses yeux, la valeur de l’art ne se mesure pas uniquement à la reconnaissance publique ou à sa dimension commerciale.
Elle réside également dans la capacité de partager, de transmettre et d’apporter quelque chose aux autres.
« Je suis simplement reconnaissant de pouvoir continuer à exprimer le talent que j’ai reçu », confie-t-il.
Cette gratitude constitue l’un des moteurs essentiels de sa pratique artistique.
Son regard se tourne aujourd’hui également vers l’espace public.
Il envisage notamment des performances de dessin réalisées directement dans des lieux emblématiques de Séoul, tels qu’Insa-dong, Cheonggyecheon et les environs du palais Gyeongbokgung.
À travers ces interventions, il souhaite représenter les habitants et les scènes du quotidien, tout en faisant découvrir différentes facettes de la culture coréenne à un public international.
Cette volonté de proximité repose sur une idée simple : l’art peut devenir un langage de rencontre, accessible au-delà des frontières linguistiques et culturelles.
Parmi ses projets futurs figure également une série monumentale consacrée à la paix.
L’artiste souhaite notamment s’inspirer de Maehyang-ri, une localité de Hwaseong marquée par l’histoire des bombardements liés aux anciens exercices militaires.
Il imagine plusieurs grandes toiles assemblées, sur lesquelles il pourrait intervenir directement au cours d’une performance picturale.
À travers ce projet, il entend évoquer la mémoire des souffrances passées et transmettre un message universel de paix et de respect de la vie.
Le parcours d’exposition de Bae Hyung-jin témoigne de nombreuses années d’activité artistique.
Selon sa biographie, il compte huit expositions personnelles et dix participations à des expositions en stand.
Son dossier artistique mentionne notamment, pour 2026, Art Symphony Kawasaki, une exposition liée à la Biennale de Vienne ainsi que le Festival international d’art de Yokohama.
Ses références comprennent également la Seoul Art Fair en 2025, la Bank Art Fair en 2024, ainsi que plusieurs manifestations artistiques organisées en Corée du Sud entre 2022 et 2023.
Il fait aussi état de distinctions obtenues lors du concours de peinture sur le motif consacré à Danwon Kim Hong-do, à Goesan, et du concours artistique Yeosu Sea Love.
L’artiste est affilié à différentes associations artistiques coréennes, notamment la Korea Fine Arts Association, la Osan Fine Arts Association et la Suwon Sketching Association. Sa biographie mentionne également une collaboration en tant qu’artiste de galerie avec Nine Gallery.
Art Shopping Paris 2026 offre un cadre international propice à la découverte de démarches artistiques venues de différentes cultures.
L’univers de Bae Hyung-jin, nourri par la peinture en plein air, les motifs traditionnels coréens et une matière picturale expressive, présente un intérêt particulier dans le dialogue entre les sensibilités artistiques contemporaines.
Sa participation effective au salon, les œuvres éventuellement exposées et l’emplacement d’un éventuel stand restent toutefois à confirmer séparément.
De ses premières années dans la bande dessinée à ses projets consacrés à la nature, aux animaux, à la solidarité et à la paix, Bae Hyung-jin poursuit une recherche profondément humaine.
L’épaisseur de la peinture sur ses toiles ne constitue pas seulement une caractéristique esthétique.
Elle semble également conserver les traces du temps, du travail et des expériences qui ont façonné sa vie.
À travers chaque couleur et chaque geste, l’artiste affirme une conviction : la peinture demeure un moyen de célébrer la vie, de préserver la mémoire et de créer des liens entre les êtres humains.
Son parcours témoigne ainsi de la capacité de l’art à dépasser les frontières, tout en portant un message de paix et d’espérance.
Yeon Sam-heum, journaliste : global@thekoreantoday.com









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