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Kim Young-hee, la vie découverte dans les petites fleurs du désert… la mémoire de la nature prolongée par l’abstraction

De la peinture semi-figurative en France à l’abstraction aux États-Unis, l’artiste réalise une grande toile à l’acrylique à Goseong et prépare une exposition personnelle pour 2027.

Publié le Article n° 59771

L’artiste Kim Young-hee poursuit, à travers l’abstraction, son exploration de l’émerveillement éprouvé devant la vie dans le désert. En France, elle représentait la beauté de son environnement dans une approche semi-figurative. Aux États-Unis, la découverte de paysages naturels immenses l’a conduite vers l’abstraction. Installée à Goseong, dans la province de Gangwon, elle travaille actuellement sur une peinture acrylique consacrée au désert, au format coréen no 100, et prépare une exposition personnelle pour 2027.

Kim Young-hee aimait dessiner dès l’enfance. Cet intérêt l’a accompagnée au fil de ses séjours et de son travail dans différents pays. À mesure que les paysages changeaient, sa manière de les traduire sur la toile évoluait également.

En évoquant son travail en France, elle souligne l’influence de l’environnement. Elle en exprimait la beauté dans une peinture semi-figurative, conservant certaines formes reconnaissables tout en y apportant sa sensibilité. Aux États-Unis, l’expérience d’une nature aux dimensions imposantes a orienté son travail vers l’abstraction.

La rencontre avec le désert occupe une place essentielle dans cette évolution. Avant de s’y rendre, l’artiste pensait qu’aucun être vivant ne pouvait y exister. Pourtant, lors de sa première visite, elle a découvert de minuscules fleurs, petites comme des grains de sable. Leur présence dans un paysage qu’elle imaginait sans vie lui a inspiré à la fois émerveillement et stupeur.

Ces petites manifestations de vie au sein d’un espace immense sont restées gravées dans sa mémoire. Le désert est devenu un lieu à regarder de nouveau, au-delà de l’idée d’aridité qu’elle s’en faisait. Le fait qu’elle continue à le peindre montre que cette rencontre ne fut pas une expérience passagère.

Interrogée sur l’évolution de son travail après son installation à Goseong, elle répond : « Même à Goseong, je rêve encore du désert. » Son lieu de vie a changé, mais le paysage qu’elle porte en elle continue d’habiter sa peinture. La grande toile à l’acrylique en cours de réalisation traduit elle aussi le désert dans un langage abstrait.

La liberté est un autre sentiment lié à son travail. Revenant sur ses anciennes peintures d’oiseaux, elle estime qu’elles exprimaient peut-être le désir de voler et la liberté. Cette réponse relève d’un retour sur les émotions de l’époque plutôt que de l’affirmation d’un symbole précis.

Les documents fournis présentent Oiseau (1995), une œuvre à l’acrylique dont chaque élément mesure 50 × 50 cm, ainsi que Oiseau d’hiver (1996), une peinture acrylique de 60 × 60 cm. Ils mentionnent également En écoutant le Destin de Beethoven (1991), une peinture à l’huile de 91 × 73 cm. L’artiste n’a pas précisé davantage le contexte de création de cette dernière œuvre lors de l’entretien.

Son parcours d’exposition s’étend à la Corée du Sud, à la France et aux États-Unis. Selon la biographie transmise, sa première exposition personnelle a eu lieu à la galerie Shinsegae, à Séoul, en 1992. Elle a ensuite exposé notamment à Barbizon et à Paris, puis à Los Angeles et dans le comté d’Orange. Deux expositions personnelles ont également été organisées à la galerie Doin, à Séoul, en 2012 et en 2014.

Kim Young-hee ne cherche pas à donner une signification grandiose au rapport entre l’art et la vie. À propos de sa formule « la vie elle-même est un art », elle explique simplement que l’art n’est pas séparé de la vie et que celle-ci est aussi un art. Peindre et vivre restent ainsi étroitement liés dans sa pensée.

Son attitude envers le public est tout aussi claire. Elle travaille sans chercher à anticiper les réactions des visiteurs et leur laisse la liberté de ressentir les œuvres à leur manière. Elle exprime aussi, avec franchise, ses doutes quant aux œuvres qu’elle pourrait présenter avec assurance. Ses réponses associent ouverture à l’interprétation et réflexion sur son propre travail.

Kim Young-hee prépare une exposition personnelle pour 2027. Le titre, les dates et le lieu n’ont pas été communiqués dans cet entretien. À travers ses peintures actuelles du désert, elle poursuit sa recherche sur la manière de transmettre l’émerveillement autrefois ressenti devant de si petites fleurs.

[ Journaliste Kim Hyun-su : incheoneast@thekoreantoday.com ]

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